Pourquoi choisir du cuir Européen (1/2) : L’homme et l’animal

Photo d'ouvriers d'Hazaribagh sur le blog d'Atelier Phi par Stéphane Bourriaux
Ouvriers dans une tannerie d'Hazaribag (Dacca - Bengladesh) Photo : JP Guilloteau pour l'Express
Je ne suis pas pro-végan, mais je dois reconnaître que je suis d’accord avec certains de leurs arguments. Le plus important est le traitement des animaux. Un animal maltraité ne donnera pas un bon cuir.

Un fournisseur à la morale douteuse

Hélas pour nous, le principal producteur et exportateur de cuir est le Bangladesh. Un de ces fournisseurs en matière première est l’Inde. Je vous propose de regarder cette vidéo. Âmes sensibles s’abstenir (quoique lorsque l’on voit un certain abattoir bio en France…)

Cette vidéo peut heurter la sensibilité du public

Cette vidéo résume à elle seule le problème d’éthique du cuir asiatique. J’y ajoute le superbe reportage d’Elise Dablay et Eric de la Varene : « Hazaribag, cuir toxique » ainsi qu’un reportage de l’Express. Depuis quelques temps les médias s’intéressent particulièrement à ce sujet.

La Condition humaine

Non, je ne parle pas de l’oeuvre d’Andre Malraux. Cependant, ne nous voilons pas la face, les pays émergents n’ont pas les mêmes normes de sécurité au travail qu’en Occident. Différentes étapes de la fabrication du cuir peuvent être dangereuses (manipulation d’acide et chaux vive, utilisation de machines etc.). En France il existe des formations professionnelles pour travailler dans les tanneries. À Dhaka (Capitale du Bangladesh ou sont localisées les tanneries), les ouvriers sont illettrés et apprennent sur le tas, parfois a leurs dépends. De plus, dans des pays comme le Bangladesh ou l’Inde, faire travailler des enfants n’empêche pas les employeurs de dormir.

Le résultat final est effroyable : 90% des ouvriers développent des maladies du cuir, peu vivent au delà de 50ans sans compter les accidents graves qui estropient, voir tuent, les travailleurs. Pire que cela, lorsqu’en 2010 ils ont manifesté pour améliorer leur conditions, les forces de l’ordre ont ouvert le feu à balles réelles. 

 

Le traitement des animaux et la qualité du cuir

Obtenir un beau cuir nécessite des animaux élevés dans des bonnes conditions, c’est-à-dire (entre autres) nourris convenablement, élevés en plein air (de préférence) et dans un environnement ou ils ne subiront pas de blessures inutiles. Pour souligner ce point, je cite ce communiqué du site Réussir Bovins. Des agriculteurs ont décidé de remplacer les fils barbelés par des fils lisses. Le confort des animaux est grandement amélioré (moins d’écorchure) ainsi que la qualité du cuir final.
 
À droite, des marques de barbelés sur un cuir (source : http://bovins-viande.reussir.fr/)
De nombreux cuirs disponibles sur le marché sont rectifiés, c’est-à-dire poncés pour obtenir une surface plus homogène et belle (voir l’article sur le surfaçage du cuir pour plus de détails). Cependant, ce ponçage fragilise considérablement et réduit sa durabilité. Moins durable signifie plus de déchets et donc un encouragement à la sur-consommation de cuir bas de gamme. L’obsolescence programmée version « fashion ».
 

Il faut faire des choix dans la vie 

Produire du cuir en Europe coute cher. Les ouvriers travaillent dans des conditions sécuritaires (équipements individuels de protection, installations adaptées et machineries aux normes de sécurité). Les animaux font l’objet de suivi afin d’établir une traçabilité. Je recommande le reportage d’Envoyé Spécial « Les forçats de la Mode » Tout est resumé dans les huit premières minutes de ce reportage ou l’on voit le personnel de la tannerie Arnal au travail. On peut aussi (tristement) entendre le président qui n’a pas le choix de vendre son cuir entre quatre-vingt et cent euros le mètre carré face à des Pakistanais ou des Bangladais qui le font entre seize et trente euros… 

Au delà du coût humain et animal, il y a aussi le cout écologique. Le public y est de plus en plus sensibilisé : acheter de la marchandise venant de loin nuit à l’environnement à cause du carburant consommé. Or, le cuir asiatique traverse des milliers de kilomètres pour arriver dans les rayons de nos boutiques. Rendez-vous dans la deuxième partie de l’article pour en savoir plus.

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