Le cuir dans tous ses états. Partie 2 : Le surfaçage

Différents cuirs photographiés par Stéphane Bourriaux pour le Blog d'Atelier Phi

Les animaux vivent plus ou moins longtemps. Durant cette vie, leurs peaux  subissent diverses agressions, telles que des piqûres d’insecte, des griffures sur les fils barbelés, maladies etc. Toutes ces agressions engendreront tout autant de défauts. En fonction de leur type et de leur quantité les producteurs de cuirs peuvent appliquer différents traitements mécaniques pour les atténuer ou les supprimer.

Le cuir pleine fleur

Une fois tanné (voir article sur le tannage), le cuir pleine fleur ne subit plus aucune modification cosmétique. La fleur  est la partie en surface et est la plus résistante. Les cuirs pleine fleur sont les plus durables. Par contre, seules les meilleures peaux peuvent être utilisées. Cela induit un coût élevé des objets confectionnés avec ce type de cuir. La sélection est rigoureuse et il y a malgré tout de la perte à la coupe. C’est le cuir que l’on retrouve dans la majorité des produits de luxe et de qualité.

Cuir pleine fleur avec marque de barbelés
Marque de fils barbelés (lignes claires) sur un cuir pleine fleur tanné au végétal

Le cuir à fleur corrigée ou cuir rectifié

A la sortie du tannage et du corroyage, la fleur du cuir est poncée superficiellement afin d’effacer la plupart des défauts. On obtient donc un cuir de bonne qualité, exempt de défauts mais à un coût inférieur au cuir pleine fleur. Cependant, poncer la fleur fragilise le cuir. Il est donc moins résistant et durable. Étant donné le rendement en surface supérieur au cuir pleine fleur, le cuir rectifié est le plus utilisé dans l’ameublement.

Le nubuck

La fleur du nubuck subit un grattage de la fleur destiné à offrir un aspect et un toucher veloutés très flatteurs. Le procédé est très proche de la rectification, mais avec un résultat différent. Le nubuck se salit plus facilement et est plus compliqué à entretenir qu’un cuir lisse. Malgré cela, c’est un cuir très utilisé en maroquinerie et cordonnerie.

Le cuir velours

C’est un cuir pleine fleur que l’on retourne pour utiliser le coté chair. Celui-ci est frotté afin d’obtenir un aspect velours, comme son nom l’indique. L’effet est d’ailleurs beaucoup plus prononcé que sur le nubuck. C’est un cuir résistant car la fleur est intacte et sert de support. On lui reproche d’être salissant et difficile à entretenir, mais selon Maxime de Jacques et Demeter, avec les bons produits et un minimum d’attention, le problème ne se pose pas tant que cela.

Atelier Phi - Stéphane Bourriaux - Cuir de chèvre Velours
Cuir velour. Le coté fleur est visible sur la partie retournée en bas à droite de l’image.

Les cuirs grainés

On applique sur le cuir une texture différente du grain d’origine. Il existe plusieurs méthodes pour ce faire. La première est de compresser le cuir avec un rouleau ou une plaque sur lesquels on a gravé une reproduction, en négatif, de grain. On utilise souvent du cuir rectifié, mais aussi du cuir pleine fleur pour les articles plus haut de gamme.

Photo de Stéphane Bourriaux - Atelier Phi - Cuir de chèvre grainé
Cuir grainé

La deuxième est de foulonner le cuir. À l’origine cette méthode est utilisée pour assouplir le cuir tanné au végétal. Le cuir est mis dans un tambour rotatif pendant une partie du tannage. Le mouvement pliant et dépliant le cuir, un grain proéminent se forme en surface.

Atelier Phi - Stéphane Bourriaux - Cuir foulonné
Cuir tanné à plat (gauche) et cuir foulonné (droite).La texture du cuir foulonné est évidente ainsi que sa souplesse dans le pli.

Enfin, le cuir peut être liégé. Il est plié sur lui même coté fleur dans différentes directions à l’aide d’une machine spéciale. En fonction du nombre de pliages et de leurs sens, on obtient différentes formes de grain.

Comment faire la différence ?

En dehors d’un regard expert et entrainé, ce n’est pas évident. Les cuirs d’animaux jeunes (chevreau, agneau, veau, taurillon etc.) sont souvent pleine fleur. Ils n’ont pas été autant exposés aux agressions extérieures qu’un animal adulte. Il en est de même avec les cuirs exotiques comme l’alligator, le serpent, ou l’autruche. Leurs reliefs naturels n’autorisent pas de ponçage quelconque. Atelier Phi n’utilise que des cuirs pleine fleur pour leur beauté et leur durabilité.

Un cuir grainé imprimé se reconnait pas des motifs inhabituels comme le grain Epi de Louis Vuitton. En France, lorsqu’un cuir d’un animal donné est imprimé avec le motif d’un autre animal, la loi impose que cela soit indiqué. En général, cela prend la forme de « cuir de vachette façon crocodile » ou « cuir de veau imprimé autruche ». Par contre, savoir si le cuir est pleine fleur ou rectifié nécessite une oeil entrainé. En regardant avec une loupe, on peut s’en rendre compte en observant le détail du grain naturel de la peau entre les motifs imprimés.

Atelier Phi - Cuir grainé Epi Louis Vuitton
Cuir grainé Épi de la maison Louis Vuitton (source: http://www.louis-vuitton.com)

Ce n’est pas tout !

Le surfaçage du cuir est le deuxième aspect qui sert à déterminer la qualité d’un cuir. Il ne nous reste plus qu’à aborder le dernier mais non la moindre : la finition.

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